Ils ont dit…

Anonyme :

«A la mémoire de Joseph Fouché, duc d’Otrante, décédé à Trieste le 26 décembre 1820, déposé dans son caveau de Ferrière, le 14 juin 1875. Ses enfants» (Epitaphe sur la tombe de Joseph Fouché à Ferrière, Seine-et-Marne).

Honoré de Balzac (1799/1850), écrivain français :

«Ce singulier génie qui frappa Napoléon d’une sorte de terreur, ne se déclara pas tout à coup chez Fouché. Cet obscur Conventionnel, l’un des hommes les plus extraordinaires et les plus mal jugés de ce temps, se forma dans les tempêtes» (Une ténébreuse affaire, Paris, Gallimard, 1973, p. 79).

«Le commandant Hulot : «Bernadotte, Carnot, tout jusqu’au citoyen Talleyrand nous a quitté. Bref, il ne reste qu’un seul bon patriote, c’est l’ami Fouché qui tient tout par la police. Voilà un homme! Aussi est-ce lui qui m’a fait prévenir à temps de cette insurrection» (Les chouans, Paris, Marescq et C°, 1852, p.7).

Enzo Barillà (1945/…), astrologue italien :

«Nous avons donc établi l’horoscope de naissance de Joseph Fouché dans le village de Pellerin  en le jour du 21 mai 1759 à 1h45 a.m. La conjonction Lune-Saturne s’est à peine levée en Poissons, Pluton culmine au MC, Vénus en Cancer est en maison IV, pendant que le Soleil, Mercure et Mars en Taureau se trouvent dans la maison de l’argent. Observez le graphique : n’est-ce donc pas lui, en personne, ce Joseph Fouché habité par le démon du pouvoir ?» (www.enzobarillà.eu, 2004).

• Léon Blum :

«Fouché fait horreur et dégoût. Mais Fouché, lui, avait des parties de grand homme». (Lettre de Léon Blum à Marx Dormoy, 5 octobre 1940 – L’œuvre de Léon Blum. Mémoires. La Prison et le Procès. A l’échelle humaine, 1940-1945, Paris, Albin Michel, 1955, p. 143).

Jérôme Bonaparte (1784/1860), frère de Napoléon, roi de Westphalie :

«Vous êtes sans doute instruit du décès du duc d’Otrante ; comme il a passé la dernière année de sa vie parmi nous, je veux vous en dire un mot. Proscrit, par conséquent malheureux, nous l’avons accueilli et admis dans notre société habituelle ; il nous a laissé des regrets. Comme homme privé, il était impossible d’apporter plus d’amabilité et un commerce plus sûr dans les relations de société, aussi, depuis la mort d’Elisa [Bonaparte] et celle du duc d’Otrante, sommes-nous retombés dans la solitude la plus complète et toutes nos jouissances sont concentrées dans nos murs» (Mémoires et correspondance du roi Jérôme, Paris, E. Dentu, p. 396).

Napoléon Bonaparte (1769/1821),                            empereur de Français :

«L’intrigue était aussi nécessaire à Fouché que la nourriture ; il intriguait tout le temps, en tout lieu, de toutes manières et avec tous. On ne découvrait jamais rien qu’on ne fut sûr de l’y rencontrer pour quelque chose ; il n’était occupé que de courir après ; sa manière était de vouloir être de tout» (cité par Las Cases, Mémorial de Sainte-Hélène, tome 3, p.52, éd. 1824).

Giuseppe Caprin (1843/1904), journaliste et écrivain italien :

«Fouché fut appelé le modèle du délit et de l’anarchie. […] Ce fut Fouché qui conduit avec lui [à Lyon] une troupe de cannibales exercée aux délations, endurcie aux larmes et aux spectacles du supplice. […] Scélérat jusqu’à l’infamie, dramatiquement brutal, il contamina les temples en les convertissant en salle de réunion de la plèbe ivre et turbulente. […] Il ne respectait pas l’âge : enfants et vieillards étaient immolés à l’extermination sans aucune compassion» (I nostri nonni, op. cit., p. 152-153).

André Castelot (1911/2004), écrivain et journaliste français :

«Il serait vite écoeurant de suivre pas à pas le répugnant personnage dans le ttravail de sape qui va permettre à ce régicide d’offrir le trône de Napoléon II au frère de Louis XVI» (Talleyrand ou le cynisme, Paris, Perrin, 1980, p. 568).

Mme Victoire de Chastenay (1771/1855), mémorialiste française :

«Toute cette figure ne manquait ni de physionomie ni, à l’occasion, d’une certaine noblesse» (Mémoires 1771-1815, Paris, Plon, 1896, p. 39-40).

«Hors les jours d’une grande et splendide représentation, [il] mettait son bonheur à vivre comme un bourgeois. […] Une vieille parente à elle, [il s’agit de sa première femme] le secrétaire de Fouché, ancien Oratorien comme lui, la gouvernante de sa fille, personne d’esprit, le gouvernant de ses fils, quelques vieux Oratoriens ou commensaux fort subalternes, telle était l’unique société qui s’amusait tout le soir d’un boston. Les enfants couraient dans la chambre ; on leur débitait des bêtises qui faisaient rire Fouché aux larmes ; puis il s’approchait du boston, regardait tous les jeux, faisait tricher un des joueurs, et s’allait coucher à 10 heures, dans la même chambre, disait-on, que sa femme et trois de ses enfants» (Mémoires 1771-1815, op. cit., p. 40- 41).

François-René de Chateaubriand (1768/1848),         écrivain et homme politique français :

«Ensuite, je me rendit chez Sa Majesté: introduit dans une des chambres qui précédaient celle du roi, je ne trouvai personne; je m’assis dans un coin et j’attendis. Tout à coup une porte s’ouvre: entre silencieusement le vice appuyé sur le bras du crime, M. De Talleyrand marchant soutenu par Fouché; la vision infernale passe lentement devant moi, pénètre dans le cabinet du roi et disparaît. Fouché venait jurer foi et hommage à son seigneur; le féal régicide, à genoux, mît les mains qui firent tomber la tête de Louis XVI entre les mains du frère du roi martyre; l’évêque apostat fut caution du serment» (Mémoires d’outretombe, volume IV, …).

Frédéric Dard (1921/2000), romancier français :

«Je verrais assez une biographie, là on met toujours dans le mille. La vie de Fouché, tenez ! Un Fouché réhabilité aux yeux de l’opinion» (Renifle, c’est de la vraie, Paris, Fleuve Noir, 1988, p. 214).

Michel Del Castillo (1933/…), écrivain et journaliste français :

«Il reste que Fouché débute sa carrière en pataugeant dans le sang et en fulminant contre les riches» (Article dans L’Express, « Joseph Fouché ou la passion de trahir« , 8 janvier 1998).

Baron François-Auguste Faveau de Frénilly (1768/1848), mémorialiste, poète et pair de France :

Fouché fut «le coquin le plus hardi, le plus adroit et le plus diffamé de France. […] Cartouche régicide, qui avait lavé dans le sang de la France ses mains rouges du sang de son roi» (Souvenirs, Paris, Plon, 1909, p. 379 et 380).

Charles de Gaulle (1890/1970), général et homme politique français :

Le 31 mai 1968, le ministre de l’intérieur Christian Fouchet est remplacé par Raymond Marcellin qui est accueilli avec ces paroles par De Gaulle : «Enfin Fouché, le vrai !»

Arlette Lebigre (1929/…), historienne française :

«Pendant toute sa carrière de ministre, un maximum d’efficacité avec un minimum de violence, un réel souci de justice, et l’art d’imposer partout Sa Police sans que le poids en semble trop lourd à la majorité des citoyens. Où donc est passé le ci-devant massacreur des Lyonnais…?» (Histoire de la police, cours donné à l’Ecole Nationale Supérieure de Police à Saint-Cyr-au-Mont-d’Or, 1989, polycopié, p. 79)

Louis Madelin (1871/1956), historien français :

«Seulement, il reste que l’homme a, en l’an II de la République, pratiqué le jacobinisme le plus extrême appuyé sur la Terreur; il reste surtout qu’il a tenté, quand la Révolution n’était encore que jacobine, de dépasser de beaucoup, par une doctrine outrancière, les conventionnels les plus audacieux, dans le domaine religieux et social» (Fouché, Paris, Perrin, 1969, p.31-32).

«Fouché, révolutionnaire par hasard, se trouve cependant lié au sort de la Révolution, sinon par des principes solides, du moins par un intérêt primordial qui sert, désormais, nous ne pouvons l’oublier, de base immuable à toute sa politique. Ce qu’il redoute avant tout, c’est une restauration, et, plus peut-être, une réaction, sous quelque régime qu’elle s’exerce» (Fouché, op.cit., p.108).

«Personne n’a écrit qu’il était méchant homme. Il était, tout au contraire, naturellement porté à rendre service et, dans la mesure où sa serviabilité ne contrariait pas ses plans, il se plaisait à plaire. S’il prônait près du Maître les mesures douces de préférence aux violentes, c’est qu’à son avis, cette politique était la plus heureuse» (Fouché, op.cit., p.176).

«Ce qui nous a fait écrire que, dans les années révolutionnaires, cet homme a porté un masque  – d’ailleurs d’autant plus affreux qu’on ne peut croire qu’une minute, il ait été réellement emporté par la passion du sang. Plus tard ce tempérament de « modéré » a fait sa politique – la « modération adroite » dont parle Metternich. Au fond, tout était habilité chez lui ; mais l’habilité était au service d’une passion – celle-là violente : l’ambition personnelle» (Fouché, op.cit., p.178).

«Honnête homme, dans sa vie privée, il ne l’a assurément pas été dans sa vie publique, étant d’un esprit trop avisé pour un sens moral trop faible… Une crise sans précédent, qui soudain mit à l’épreuve des consciences plus probes et les fit dévier, tira ce mince professeur ecclésiastique de sa classe et de son laboratoire et révéla en lui un ambitieux sans foi ni frein. Il se trouva servir mais finalement trahir tous les partis; aucun de ceux-ci ne fut intéressé à défendre sa mémoire. A tous, il apparaît moins un « homme d’Etat » qu’un prodigieux et on peut dire un génial intrigant – le type supérieur des politiciens de son siècle – et le plus marquant» (Fouché, op.cit., p. 441).

«Je crois avoir montré que, par ailleurs, cet homme, d’une si grande immoralité publique, a, dans sa vie privée, fait preuve d’une assez rare moralité et certains diraient d’une singulière vertu, et j’ai entendu montrer encore que, d’autre part, il a été dans son administration, plus qu’on ne le pensait communément, humain et parfois bienfaisant» (Introduction aux Mémoires de Fouché, Paris, Flammarion, 1945, p. 25).

«L’homme n’attire pas; plutôt, par sa parfaite immoralité politique, repousserait-il, mais il attache par la prodigieuse dextérité qui lui a permis d’être, presque sans entr’acte, un des acteurs les plus importants et d’ailleurs les plus étranges de ce drame de vingt-sept ans qui tient entre 1789 et 1816 et, partant, l’un de ceux dont il est précieux de recueillir les souverains pour essayer de mieux pénétrer leur pensée» (Introduction aux Mémoires de Fouché, op.cit., p. 29).

Jules Michelet (1798/1874), historien français :

«Le prêtre athée, le dur Breton, le cuistre séché à l’école, tous ces traits étaient repoussants dans sa face atroce» (Histoire de la Révolution française, Paris, Marpon et Flammarion, s.d., VIIIe volume, p. 351).

«Il est juste pourtant de reconnaître que, sans lui […] la fureur des vengeances locales aurait été bien loin. […] Fouché suivit le progrès de l’opinion et, vers la fin, réprima ceux qui voulaient continuer l’effusion de sang» (Histoire de la Révolution française, op.cit., VIIIe volume, p. 351, note en bas de page).

Antonin-Emile Moulin (1857/1938), enseignant, homme politique, père du préfet et résistant Jean Moulin :

«Nature complexe, homme aux visages multiples, Fouché qui fut un ami obligeant et le père et l’époux le plus tendre, n’est pas l’être uniformément ténébreux qu’on a dit, et si certains ses actes politiques soulèvent notre juste indignation, il a droit aussi, par sa lucide intelligence, longtemps au service de son pays, par la dignité de sa vie privée et les malheurs de sa vieillesse, à une part d’estime et de pitié» (Le grand amour de Fouché, Ernestine de Castellane, Paris, Perrin, 1937, p.212/213).

Charles Nodier (1780/1844), écrivain français :

Nodier décrivant la vie de Fouché gouverneur des Provinces Illyriennes en 1813 : «La tenue du duc d’Otrante était d’une extrême simplicité, à laquelle ses mœurs le portaient naturellement […]. Le duc d’Otrante, en redingote grise, en chapeau rond, en gros souliers ou en bottes, se promenant à pieds au milieu de ses enfants, la main ordinairement liée à la main de sa jolie petite fille, saluant qui le saluait, sans prévenance affectée comme sans morgue et sans étiquette, en s’asseyant bonnement où il était fatigué, sur un banc d’une promenade ou sur le seuil d’un édifice ; cet extérieur de vie bourgeoise, de bonhomie patriarcale et d’inclinations populaires qu’on avait regardé jusqu’alors comme incompatible avec le caractère français, et qui s’était manifesté rarement, à la vérité, chez les hommes de la conquête» (Portraits de la Révolution et de l’Empire – Fouché, op. cit., p. 240).

Etienne-Denis Pasquier (1767/1862), préfet de police sous l’Empire, ministre sous la Restauration :

Il était «d’une fausseté et d’une perfidie qui n’eurent peut-être jamais d’égales» (Mémoires, Paris, Plon, 1893, tome 1er, p. 242)

Nicolas-Louis Planat de la Faye (1764/1864), officier d’ordonnance de Napoléon lors des Cent jours :

«Le pauvre duc d’Otrante, notre voisin, n’a pas été aussi heureux que moi ; il s’en meurt, et l’année ne passera peut-être pas sans que nous assistions à son enterrement ; que dis-tu de l’étrange fin de ce fameux personnage ? Après une vie si agitée, après avoir traversé si heureusement nos dévorantes révolutions, il vient mourir à Trieste, dans l’exil et avec la douleur de ne pas voir ses ennemis confondus. Je fus le voir hier, et malgré toutes ses trahisons, malgré sa mauvaise conduite envers nous dans ces derniers temps, et envers moi en particulier, je n’ai pu m’empêcher d’être ému et même attendri en le voyant. Sa position actuelle, et le rôle important qu’il a joué ; ce nom si fameux, et ce corps décharné qui dans quelques jours ne sera qu’un cadavre ; tout cela m’a remué et m’a rempli l’âme de tristesse ; quand je me suis levé pour sortir, il m’a serré la main et m’a remercié de ma visite dans les termes les plus affectueux, comme pour faire amende honorable envers moi : « Je suis heureux, m’a t-il dit, de voir encore un bon français. » Il n’y a pas de ressentiment qui tienne contre ces approches de la mort ; le mien s’est tout fondu, et en descendant l’escalier, je n’ai pas pu m’empêcher de pleurer» (Vie de Planat de la Faye, lettre du 19 décembre 1820, Paris, Ollendorff, 1895, p. 385).

Louis-Gustave Doulcet, comte de Pontécoulant (1764/1853), conventionnel, préfet de l’Empire, pair de France :

«L’histoire […] dira qu’en facilitant le retour des Bourbons, et en évitant l’effusion inutile d’un sang précieux à la patrie après l’abdication de Napoléon, [Fouché] rendit à la France et à l’humanité le service d’un bon citoyen» (Souvenirs historiques et parlementaires, Paris, Michel Lévy, tome IV, p. 9).

Edwy Plenel (1952/…), journaliste et écrivain français :

«Oui, Fouché, celui-là même dont le nom est resté synonyme d’amoralisme, évocateur d’intrigues et de mensonges, de complots et de trahisons, de basse-police par dessus tout. […] Nul ne fut sans doute plus haï, détesté et caricaturé, après sa mort» (Présentation des Mémoires de Joseph Fouché, Paris, Arléa, 1993, p. VIII).

Maxililien de Robespierre (1758/1794),          homme politique français :

«Non Chaumette, non Fouché, la mort n’est pas un sommeil éternel. Citoyens, effacez des tombeaux cette maxime gravée par des mains sacrilèges, qui jette un crêpe funèbre sur la nature, qui décourage l’innocence opprimée et qui insulte à la mort ; gravez-y plutôt celle-ci : « La mort est le commencement de l’immortalité »» (Dernier à la Convention Nationale, 26 juillet 1794 – 8 thermidor an II).

René Sédillot (1906/1999), journaliste et historien français :

«En toute ingénuité, à Lyon, Fouché et Collot d’Herbois prennent un arrêté pourtant « suppression de l’indigence » dans les onze départements où ils sont en mission (2 brumaire an II).  Il est toujours facile de prendre des arrêtés et de décréter le bonheur de genre humain» (Le coût de la Terreur, Paris, Perrin, 1990, p. 65/66).

Mme Germaine de Staël (1766/1817), écrivain français :

«Il avait pour système de faire le moins de mal possible, la nécessité du but admise […]. Une sagacité remarquable le portait à choisir le bien comme une chose raisonnable et ses lumières lui faisaient parfois trouver ce que la conscience aurait inspiré à d’autres» (Dix années d’exil, chapitre II).

Adolphe Thiers (1797/1877), homme politique, journaliste et historien français :

«Enfin Monsieur Fouché, l’habile par excellence, M. Fouché ayant paru jouer tout le monde, Napoléon, l’Assemblée, ses collègues, et joué à son tour trois mois après, éconduit, exilé, joignit au ridicule l’odieux, et finit tristement sa carrière, n’ayant à présenter au tribunal de l’histoire qu’une excuse, c’était d’avoir employé le porte-feuille de la police, si indignement accepté des Bourbons, à ne commettre que le mal qu’il ne pouvait pas empêcher, triste excuse, car il est révoltant pour un honnête homme de faire du mal, beaucoup de mal, pour que d’autres n’en fassent pas davantage» (Histoire du consulat et de l’empire, tome VV°, Paris, Lheureux, 1862, p. 529).

Jean Tulard (1933/…), historien français :

«La police sait tout. Tout ? Peut-être pas. Mais l’habilité de Fouché est de le laisser croire» (Joseph Fouché, Paris, Fayard, 1998, p. 7).

«La police de Fouché avait tous les défauts du monde, mais elle n’annonce absolument pas les tragédies du XXe siècle. Fouché n’est pas Himmler ni Beria. Il n’y a pas de camp de concentration, il n’y a pas d’élimination. La torture est interdite» (Interview dans L’Express, « Fouché, c’est la naissance de la police moderne », 27 octobre 2005).

Stefan Zweig (1881/1942), écrivain autrichien :

«Traître né, misérable intriguant, nature de reptile, transfuge professionnel, âme basse de policier, pitoyable immoraliste, aucune injure ne lui a été épargnée» (Joseph Fouché, Paris, Grasset, 1969, p. 9).

«Dans la vie pratique et réelle, dans la sphère du pouvoir gouvernemental, l’action décisive appartient rarement (et c’est ce qu’il faut souligner, pour mettre en garde contre toute crédulité politique) aux figures supérieures, aux hommes des idées pures, mais bien à une catégorie d’êtres de beaucoup moins de valeur, quoique plus adroits, je veux dire ceux qui travaillent dans la coulisse. […] Je présente donc l’histoire de Joseph Fouché comme utile et très actuelle contribution à la psychologie de l’homme politique» (Joseph Fouché, op. cit., p. 12/13).

«En Fouché lui-même, Bonaparte trouve [en 1800] un serviteur parfait, entièrement d’accord avec lui pour terminer la guerre civile plutôt en négociant et en faisant montre d’indulgence que par par des exécutions et des condamnations violentes. Quelques mois suffisent à Fouché pour rétablir dans le pays une paix complète. […] Les oeuvres importantes et fécondes unissent toujours les hommes: ici, le serviteur a trouvé son maître et le maître a rencontré le serviteur qu’il lui fallait» (Joseph Fouché, op. cit., p. 134).

«Jusque dans la tombe cet homme obstinément muet ne révèle pas toute la vérité ; il a emporté avec lui, jalousement, dans la froide terre, ses secrets, pour rester lui-même un secret, quelque chose de crépusculaire qui oscille entre la lumière et l’ombre – un visage qui ne se dévoile jamais entièrement. Mais c’est précisement pour cela qu’il suscite toujours et sans cesse le jeu de la recherche» (Joseph Fouché, op. cit., p. 279).

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