Le «Connétable des lettres»

JS BAAinsi fut surnommé Barbey d’Aurevilly, auteur du Chevalier des Touches qui raconte l’un des épisodes les plus romanesques de la Chouannerie. Après des débuts littéraires incertains, l’auteur trouve enfin sa voie au moment où il retrouve son enfance, Valognes, Saint-Sauveur-le-Vicomte, le milieu familial où il a été élevé dans la nostalgie d’une culture qui est morte en 1789. C’est cette quête proustienne d’un temps, d’un monde perdu qui, par-delà les exploits des héros, donne au Chevalier des Touches son étrange miroitement poétique.

A travers ce roman, Barbey d’Aurevilly nous ramène à une époque où Joseph Fouché, ministre de la Police, livre une lutte sans merci contre la chouannerie présentée comme la source de tous les troubles qui secouent la société française, fruit d’une propagande magistralement menée par la police de Fouché qui a fait du mot chouan un synonyme de terroriste et de brigand.

A l’heure où la rédaction du dictionnaire dédié à Joseph Fouché et son temps entre dans sa dernière ligne droite, Julien Sapori, président de «La Société d’études sur Joseph Fouché et son temps», s’est rendu à Saint-Sauveur-le-Vicomte, sur la tombe de Barbey d’Aurevilly.

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«Moi Mécislas, Voleur, Pitre, Anarchiste !»

«Moi Mécislas, Voleur, Pitre, Anarchiste !» par Bernard Hautecloque

bernardBernard Hautecloque, membre de la «Société d’études sur Joseph Fouché et son temps» a une démarche originale. Historien, il propose des biographies, à peine romancées et quoi qu’il en soit toujours appuyées sur d’importants travaux de recherches et de documentation.

Son credo, les criminels célèbres, du moins à leur époque car pour la plupart ils sont aujourd’hui tombés dans l’oubli. Des personnages comme la fiction en a souvent rêvé et comme seule la réalité a su en enfanter.

Dans son dernier ouvrage qui vient de sortir en librairie «Moi Mécislas, Voleur, Pitre, Anarchiste !», Bernard Hautecloque nous plonge dans l’été 1921, la France est bouleversée par un fait-divers inouï : trois bandits masqués de façon grotesque ont dévalisé le train de nuit Paris-Marseille, tuant un des passagers.

La police retrouve vite leurs traces ; les péripéties de la traque sont rapportées jour après jour par les journaux, qui pressentent du sensationnel. Ils ne sont pas déçus : l’interpellation en plein midi, sur un trottoir parisien noir de monde, tourne mal. Un furieux échange de coups de feu laisse morts deux des malfrats.

Le seul survivant du trio est Jacques Charrier, fils de Mécislas Goldberg, un intellectuel anarchisant mort quinze ans plus tôt. Comme son père, Jacques Charrier refuse de se faire appeler autrement que «Mécislas». Et, comme lui, il professe une idéologie marxisto-libertaire passablement fumeuse et commode, l’illégalisme. Héritier de Ravachol et de la Bande à Bonnot, il se proclame l’ennemi juré de la société contre laquelle tous les moyens, y compris la criminalité, sont permis.

Lors de son procès, il dédaigne se défendre et complique même la tâche de son avocat. Adorant se donner en spectacle, son cabotinage provocant, son insolent courage lui valent d’être condamné à mort, bien qu’il n’ait lui-même tué personne. Fichu pour fichu, il est résolu à partir avec panache…

Mécislas Charrier, 27 ans, personnage plein de contradictions, à la fois naïf et sans scrupule, vaniteux et idéaliste, est l’une des figures les plus originales et attachantes de l’histoire criminelle de France.

A lire absolument…

«Moi Mécislas, Voleur, Pitre, Anarchiste !» de Bernard Hautecloque chez Normant éditions, 160 pages, 15,90 euros.

Un projet ambitieux

La réalisation d’un «Dictionnaire» consacré à Joseph Fouché pouvait paraître une gageure tant ce personnage incontournable du Consulat et du Premier Empire a déjà été l’objet d’innombrables ouvrages.

«La Société d’études sur Joseph Fouché et son temps» a été fondée en 2010 par des passionné(e)s d’histoire.

Nous ne sommes pas des «amis» de Fouché et notre but n’est pas de célébrer ou de noircir cet homme d’État qui joua un rôle essentiel dans l’histoire de France pendant deux décennies, mais de stimuler la recherche historique et la réflexion sur ce «singulier personnage qui frappa Napoléon d’une sorte de terreur» (Balzac).

Mois après mois, les membres de l’association réalisent des notices qui toutes, sous un angle ou un autre, permettent de mieux comprendre ce personnage hors du commun.

Quarante-et-une notices ont été désormais rédigées et validées : vous en trouverez la liste ci-dessous :

• Aix-en-Provence (Alain Pillepich)

• Ambassadeur du Directoire (Olivier Varlan)

• Arras, pierre angulaire d’un destin (Christian Porte)

• Philippe Buonarrotti, protégé de Fouché (Christian Porte)

• Les censeurs (Christian Porte)

• Charlotte de Robespierre (Bernard Hautecloque)

• La commission de gouvernement de 1815 (Olivier Varlan)

• Fouché à Dresde (Bernard Hautecloque)

• Fouché, manipulateur du communisme naissant (Christian Porte)

• Descendance de Fouché (Julien Sapori)

• Les exilés napoléoniens (Julien Sapori)

• Joseph Fiévée (Christian Porte)

• «Frère» Fouché : franc-maçon pour mieux servir ses ambitions (Christian Porte)

• Héraldique de Joseph Fouché (Raymond Lévy)

• Duel au sommet pour une présidence contestée du club des Jacobins (Christian Porte)

• Le Journal des débats (Christian Porte)

• Marie-Anne-Adélaïde Lenormand (Christian Porte)

• Lettre de Luxembourg (Christian Porte)

• Lettre de Stupinigi (Christian Porte)

• La liberté de presse sous surveillance (Christian Porte)

• Le maréchal Bon-Adrien Janot de Moncey  (Christian Porte)

• Le moniteur : «La Gazette de France (Moniteur Universel)» (Christian Porte)

• Jean Moulin (Jean Etévenaux)

• L’Oratoire (Bernard Hautecloque)

• Prague 1817/1818 (Bernard Hautecloque)

• Vénérable de la loge jacobine «Philatèles» (Christian Porte)

• Robespierre/Fouché : une relation en lettres de sang (Christian Porte)

• Les Rosati dArras (Christian Porte)

• Thibaudeau (Julien Sapori)

• Lettre de Valladolid (Christian Porte)

• Balzac et Fouché (Julien Sapori)

• Fouché dans «Madame Sans Gêne» de Victorien Sardou (Bernard Hautecloque)

• Junot (Bernard Hautecloque)

• Dernier gouverneur des provinces illyriennes (Julien Sapori)

• Trieste (Julien Sapori)

• Fouché et les suisses (Alain-Jacques Tornare)

• Les obsèques (Julien Sapori)

• Fouché, ministre de la police en 1799 (Julien Sapori)

• Fouché, ministre de la police en 1804 (Julien Sapori)

• Ministère de la Police générale (organisation) (Julien Sapori)

• Napoléon – son opinion sur Fouché (Julien Sapori)

Vingt-six autres sont en cours de rédaction.

Le nombre des contributeurs augmente. Bref, tout va bien !

Bonnes vacances à tous et nous vous donnons rendez-vous dès la rentrée de septembre pour faire un nouveau point sur notre projet.

JulienSapori
Julien Sapori
Président de «La Société d’études sur Joseph Fouché et son temps»

«Histoire de la Prusse et le réveil du Printemps 1813»

41Dans le cadre des événements organisés par la Délégation Ile-de-France du Souvenir Napoléonien, samedi 16 février, à 11 h, à la mairie de Gretz-Armainvilliers (Seine-et-Marne), Michel Kérautret, historien, membre de la Société d’études Fouché et son temps, animera une conférence sur le thème «Histoire de la Prusse et le réveil du printemps 1813».

La Prusse offre un exemple rare dans l’histoire : celui d’un État puissant qui choisit de disparaître pour se fondre dans une entité plus vaste. Instrument de l’unité allemande, la Prusse lègue à la construction bismarckienne un héritage, pour le meilleur ou pour le pire. Et il serait difficile de comprendre l’Allemagne contemporaine en faisant abstraction de cet apport prussien, militaire certes, mais aussi religieux, culturel, moral, juridique. Le présent ouvrage raconte l’histoire de la Prusse dans sa continuité et ses aléas, de ses origines médiévales à son absorption dans l’ensemble allemand, voire à sa survie posthume jusqu’à nos jours.

Salle des mariages
Mairie
69 rue de Paris
Gretz-Armainvilliers

Assemblée générale annuelle

La prochaine assemblée générale de la «Société d’Etudes sur Joseph Fouché et son temps» aura lieu le vendredi 15 mars 2013, à partir de 18 h, au service des archives de la Préfecture de Police (salle de lecture), au commissariat du 5e arrondissement, rue de la Montagne Sainte-Geneviève à Paris.

Ordre du jour :

– rapport financier par le trésorier, Bernard Hautecloque.

– rapport moral par le président, Julien Sapori.

– renouvellement des cotisations pour 2013 (prix inchangé : 10 euros).

– élection des membres du bureau.

– bilan et perspectives du site internet.

– état d’avancement du « dictionnaire Fouché » : notices rédigées, méthodologie, projets…

– projets et perspectives divers.

– questions diverses.

A la découverte du cimetière du Père Lachaise

La Société d’études sur Fouché et son temps (SEF), à l’invitation de son président Julien Sapori, et sous la conduite du plus compétent des guides, Christian Charlet, a consacré la matinée du samedi 22 septembre à la visite du cimetière du Père Lachaise à Paris, sur le thème principal des personnalités militaires du premier empire. Une visite suivie d’un convivial repas de groupe à l’issue duquel ceux qui restaient disponibles ont accepté l’offre de notre guide de voir des tombes de personnalités littéraires et artistiques pour profiter d’un temps splendide et inespéré, particulièrement tentateur pour les amateurs de promenade historique et de marche.

Christian Charlet nous a d’abord exposé la création par la conversion du jardin des Jésuites de Paris, et le développement du cimetière, ses extensions, ses accès, la manière dont on a lancé la mode des inhumations dans ce cimetière au départ peu fréquenté : le «plan de communication et de marketing» a consisté à y installer ou transférer les tombes de personnages illustre : Héloïse et Abélard, Molière, La Fontaine … et de prier les gens importants de l’époque de bien vouloir honorer de leur présence des lieux où ils se trouveraient en si considérable compagnie !

La visite a commencé par l’exploration de l’ancien cimetière israélite établi dans une bande de terrain longeant le mur d’enceinte du cimetière principal, mur abattu par la suite et dont nous avons suivi le tracé et les restes. Nous avons rencontré notamment la tombe du grand rabbin Sintzheim, négociateur de la reconnaissance institutionnelle de la communauté juive par Napoléon Bonaparte.

Ensuite nous avons parcouru, et parfois gravi, les allées du cimetière établi dans le jardin des Jésuites puis dans une extension sur la colline de Charonne. Depuis l’empire jusqu’à nos jours, toute l’histoire de France a laissé ses traces en ces lieux, et nous nous sommes trouvés étourdis par la foule des personnages célèbres dont nous avons fréquenté les monuments, du plus spartiate au plus exubérant, que nous ne pourrions énumérer ici sans vertige.

Ont participé à cette sortie de la Société d’études sur Joseph Fouché et son temps : Christian Charlet, Julien Sapori, Raymond Lévy, Bernard Hautecloque, Jacques Bernet, Michelle Sapori, Luc Sapori, Eric Vial, Patrick Anzolin, Laurent Gratadour et Madame Gratadour, Hervé et Sylviane Placial.