« Fouché et l’enlèvement d’un sénateur sous le Consulat », par Jean Tulard

Dans son dernier livre, « Tyrans, assassins et conspirateurs – le pouvoir du mal », sorti aux éditions SPM, Jean Tulard évoque, sous forme de dialogues imaginaire mais plausibles, diverses figures de l’Histoire incarnant des « méchants ».

Parmi les divers Tamerlan, Ivan le Terrible, Catherine de Médicis, Sade, Lacenaire et autres Pierrot le Fou, apparaît, à deux reprises (à tout seigneur tout honneur !), Joseph Fouché, dans les chapitres consacrés à « Vidocq, le bagnard devenu policier », et surtout « Fouché et l’enlèvement d’un sénateur sous le Consulat ». Le sénateur en question est Clément de Ris (1750-1827), personnage particulièrement opaque mais qui fut rendu célèbre par le roman de Balzac, « Une ténébreuse affaire », publié en 1841.

Tulard imagine une rencontre entre le romancier et la duchesse D’Abrantès, veuve du général Junot (le prédécesseur de Fouché en qualité de gouverneur général des Provinces Illyriennes que nous avons rencontré sur ce blog dans le « feuilleton historique » Pontgibaud-Labrosse). Balzac l’interroge sur l’affaire De Ris ; « nous étions très liés, mon mari et moi, à Fouché. Plus tard il m’a raconté ce qui s’était passé« , lui raconte la duchesse. La confidence ne tombe pas dans l’oreille d’un sourd, et constituera la documentation sur laquelle le romancier bâtira son roman.

Portrait du sénateur Clément de Ris. Il refusa de paraître lors du procès.

Fouché aurait-il manipulé un commando royaliste afin de récupérer, dans le château du sénateur, certains papiers compromettants pour lui et pour Talleyrand, avant d’abandonner ces jeunes exaltés entre les mains d’une justice fort expéditive soucieuse de plaire à Napoléon ? L’explication est souvent mise en avant mais aucune certitude n’existe ; en tout cas, elle est tout à fait envisageable. Les trois jeunes-gens, des nobles aussi fauchés qu’aventureux, seront condamnés à l’issue d’un procès qu’on peut, en toute objectivité, qualifier de farce, et guillotinés le 3 novembre 1801. Ils mériteraient de faire l’objet d’une notice dans le « Dictionnaire des prisonniers de Napoléon »…

Julien Sapori

Publicités

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s