À la mémoire des frères Humel

« Il est des associations qui, contrairement à d’autres, sont modestes par leurs moyens mais n’en agissent pas moins « sans tambours ni trompettes », avec persévérance et efficacité pour le bien de la cause qu’elles ont décidé de servir. » (1)

Jean-Claude Damamme représentant pour la France de la société Napoléonienne internationale  disait « Lorsque l’on déambule dans des cimetières, ceux grandioses des grandes cités, ou ceux plus modestes des petites villes de province, force est de reconnaître avec tristesse que nombre de ces asiles des disparus sont dans un état de dégradation qui ne peut qu’affliger l’âme, et disons le mot, rendre honteux de cette désaffection. Et pourtant, que d’aventures, incroyables, grandioses, tragiques ou romanesques cèlent ces noms, dont le temps, obstinément, efface jusqu’au graphisme, comme pour éliminer toute trace de ceux qui ont trouvé là leur dernier refuge. »  (2)

Et c’est ici qu’intervient l’A.S.P.H.N du sud de l’Aisne,  Elle recense, sans distinction de fonction ou de grade, toutes les sépultures que menacent et l’oubli et le temps. Et, avec l’aide, notamment de donateurs, elle restaure, rénove, et très souvent aussi, intervient avec énergie auprès des services officiels pour retarder une procédure de reprise.

Cette dernière tâche n’est pas la moins rude !

En 2016, nous avions pris rendez-vous devant l’Obélisque des frères Humel, au cimetière de Soissons, avec le descendant (3) de nos héros tombés en 1813, et nous avions partagés ce souhait de pouvoir restaurer cet Obélisque.  En 2017, nous avions reçu une réponse négative de la fondation du Patrimoine. En 2019 grâce à des généreux donateurs, nous avons réunis des fonds qui nous permettraient de restaurer ce monument Napoléonien. La restauration d’un tel monument peut en effet prendre beaucoup de temps, mais cela ne nous empêche pas d’avancer sur d’autres dossiers, tel fut le cas en 2018 avec le sauvetage et la restauration de la sépulture du Sous-lieutenant Marie en forêt de Villers-Cotterêts. (4)

Inscriptions à la mémoire des frères Humel :

« À / LA / MÉMOIRE / DES / DÉFENSEURS / DE LA PATRIE / MAXIME HUMEL / ET PIERRE HUMEL / MORT DANS / LES PLAINES / DE DRESDE / ET DE / LEIPZIG / EN 1813. » (Au fond du cimetière, sur la droite, obélisque entouré d’une grille). Guide Napoléon – Source Alain Chappet – David Pelletier et Dominique Timmermans.

Restaurer un tel monument c’est aussi le devoir de connaitre son histoire, celle de 3 frères dont l’aîné a survécu  aux campagnes de 1812, 1813, 1814 et 1815 :

3 frères Soissonnais dans la tourmente du premier Empire. Les parents des 3 frères Humel viennent de 4 branches différentes :   La famille Humel – la famille Letellier – la famille Tingry et Adet.

Les parents des 3 frères Humel Louis-Joseph Humel né à Soissons le 13 Juin 1762, serrurier de profession, décédé le 20 décembre 1810 à Rethondes dans l’Oise et Marie-Agathe Letellier née à Soissons en Juillet 1771, elle est décédée à Soissons le 17 mai 1793 en donnant naissance à Pierre Nicolas mort dans les plaines de Leipzig.

De cette union sont nées, les 3 frères Humel,

Le premier, l’ainé, Louis-Julien Humel, né à Soissons le 22 avril 1790, marié à Soissons le 10 Janvier 1816, Serrurier de profession (comme son père), il épousa Louise-Adelaïde Lecheux, née le 12 juillet 1786, et servi au 56e régiment, à 22 ans, il fait la campagne de Russie, participe avec son régiment aux combats de Drissa, le 1er août 1812, puis le 17 et 18 août 1812, à la bataille de Polotsk. Sur le chemin du retour il participe à la deuxième bataille de Polotsk le 18 octobre 1812. Louis-Julien est de tous les combats, étant à l’arrière-garde de la division, il est à deux doigts d’être fait prisonnier le 15 novembre 1812 par les cosaques et perd son sous-lieutenant Guinard dans cette affaire.

Il est encore présent et participe à la bataille de la Bérezina le 28 novembre 1812.

Comble du malheur le 56e Régiment participa à la bataille de Dresde, le 27 août 1813, Louis-Julien Humel perdra son second frère quelques jours plus tôt, Maximilien Laurent, dans les plaines de Dresde, pendant une affaire aux avant-postes. Comble de malchance, le 16 et 18 octobre à la bataille de Leipzig, il perd son troisième frère, le plus jeune, Pierre Nicolas dans les plaines de Leipzig, au moment de la retraite.

Rentré en France, il participa à la campagne de France 1814, présent à la bataille de Brienne le 29 janvier 1814, puis à la Rothière le 1 février 1814. Il participera en 1815 le 16 juin à la bataille de Ligny puis le 18 juin au combat de Wavre. Il rentre en France avec l’armée de Grouchy, et se marie le 10 Janvier 1816.

Pierre Nicolas Humel et Maximilien Laurent Humel sont tombés au champ d’honneur en 1813.

Si leurs corps reposent dans les plaines de Dresde et de Leipzig. Un Obélisque porte leurs noms dans le cimetière de Soissons. Cet Obélisque risque de disparaître à son tour. Que restera-t-il de leurs mémoires.

L’histoire de ce monument est aussi incroyable, car il fut déplacé de l’ancien cimetière de Soissons à son emplacement aujourd’hui, l’oncle de Philippe Tingry avait tous les documents sur cette incroyable aventure, malheureusement ces documents ont disparus dans le bombardement de Soissons pendant la seconde guerre mondiale.

Le Monument Napoléonien des frères Humel dans le cimetière de Soissons, demande  une attention particulière. Il faut avant tout restaurer le socle qui retient l’Obélisque, remettre à neuf cet obélisque et repeindre les épitaphes, sans oublier de restaurer la grille en fer forgée qui encercle ce monument, l’appel aux compagnons du devoir n’est pas exclu pour pouvoir restaurer dans les règles de l’art. Philippe Tingry étant maitre d’ouvrage en bâtiment, va collaborer de façon active à ce projet.   Des images valant mieux qu’un long discours, je vous ai montré dans ce court billet notre projet de restauration, Je ne pense pas qu’il soit nécessaire d’en écrire davantage pour honorer le travail qui reste à accomplir par notre association.

Crédit photo Bruno BALLERY – Obélisque des frères Humel – Cimetière de. Soissons 2017.

Sources

1 Devise de l’A.C.M.N qui reste un modèle de savoir-faire pour les petites associations.

2 Discours de présentation de Jean-Claude Damamme représentant pour la France de la société Napoléonienne internationale. 

3 Philippe Tingry est issue d’une famille dont l’origine Soissonnaise remonte à 1520. Descendant de la branche Letellier – Tingry – Humel.

4 La restauration de la sépulture Marie  https://davout12345.wixsite.com/asphn/villers-cotterets

5 Un numéro hors-série de l’A.S.P.H.N du sud de l’aine retracera l’épopée des frères Humel. Lionel et Bruno Ballery.

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