Fouché en son hôtel à Lyon

Les cinq petits mois (8 novembre 1793 – 1er avril 1794) durant lesquels Fouché organisa puis ralentit la répression à Lyon, il les passa dans un bel hôtel particulier du nouveau quartier Saint-Clair auquel Soufflot avait largement contribué quelques dizaines d’années plus tôt. Sur les bords du Rhône, au pied de la colline de la Croix-Rousse couverte de maisons religieuses devenues désertes, il vécut là, exerçant ses terribles fonctions de représentant en mission et menant une vie privée discrète.

La maison de Louis Tolozan de Montfort (1726-1811), le dernier maire d’avant la Révolution – on disait alors prévôt des marchands -, servit alors à la fois de siège administratif et politique aux envoyés parisiens, y compris avant et après Joseph Fouché, et de demeure familiale. Lui et Collot d’Herbois s’y sont en quelque sorte barricadés afin d’empêcher toute requête de les atteindre, n’acceptant de recevoir que des révolutionnaires patentés ayant d’ailleurs auparavant couché par écrit l’objet de leur visite. Cela ne l’aurait pas empêché d’accueillir et de protéger un ancien confrère de l’Oratoire qui aurait réussi à se glisser jusqu’à lui, un certain Mollet de la Barre, qui avait enseigné la physique à Nantes.

Sur un plan plus personnel, il habitait avec son épouse Bonne-Jeanne Coiquaud, qui lui avait donné la petite Nièvre trois mois plus tôt à Nevers, le 10 août, et qui va mourir à Paris à l’âge d’un an. Divers témoignages montrent les deux époux se promenant en fin de journée, ce qui semble vraisemblable étant donné l’attachement de l’ancien oratorien à ses proches. Il semble avoir vécu assez frugalement, même si certains se sont étonnés de réquisitions de nourriture et de linge opérées alors pour les envoyés de la Convention.

Le lieu correspond aujourd’hui au 19 de la place Tolozan, l’immeuble n’ayant guère changé. Notons que, en 2007, conformément à la politique menée depuis un demi-siècle dans la capitale des Gaules, une convention entre la ville et la société propriétaire laisse accessible, pendant la journée, la traboule traversant l’immeuble en direction de la petite rue des Feuillants, qui se trouve derrière, sur le côté nord-ouest.

Existe une autre tradition, selon laquelle Fouché se serait installé à Sainte-Foy-lès-Lyon, dans une maison qui existe toujours. Mais cette hypothèse apparaît peu vraisemblable, car ce prolongement vers le sud de la colline de Fourvière se trouvait alors pas très bien desservi, correspondant de surcroît à l’itinéraire suivi par l’armée de la Convention lorsqu’elle réussit à s’emparer de la ville le 9 octobre.

Jean Étèvenaux

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