Gilets jaunes : Non, la presse ne doit pas être un bouc émissaire !

La violence contre les médias ne cesse de croître, week-end après week-end, un peu partout en France. Coups, menaces de viol, tentative d’incendies, blocage de dépôts de journaux, injures et intimidation contre les reporters se sont multipliés sur l’ensemble du territoire, dans le cadre du mouvement des « Gilets jaunes ».

Certes, la presse n’est pas exempte de reproches mais aucune défiance, ni désaccord avec une ligne éditoriale, un titre ou un reportage ne sauraient justifier les violences qui se sont multipliées ces dernières semaines.

Des journalistes sont empêchés d’exercer, insultés, malmenés physiquement, voire blessés, par des manifestants et/ou des policiers. Des journaux font face à des intimidations et à des blocages de parution. Sur les réseaux sociaux, les invectives sont légion à l’encontre des médias… la liste des atteintes à la liberté de la presse s’allonge inexorablement.

N’en déplaise aux accusateurs de tous poils, non, la presse ne doit pas être le bouc émissaire de toutes les frustrations, de toutes les déceptions, de toutes les incompréhensions ! Il n’est pas acceptable de voir des hommes politiques et autres acteurs sociaux accuser le journaliste des pires turpitudes au seul motif que les édiles sont incapables de convaincre du bien-fondé de leurs analyses.

Le simple constat qu’il faille désormais à des journalistes des agents de protection pour espérer rentrer sains et saufs à leur rédaction est inadmissible.

Cette « chasse à la presse » et à ses représentants rappelle de biens mauvais souvenirs à tous ceux qui n’oublient pas qu’empêcher les journalistes de faire leur travail, c’est empêcher les citoyens d’être informés, c’est tout simplement menacer la démocratie au profit de la pensée unique !

La tentation a toujours été grande de contrôler la presse à défaut de la maitriser. En avril 1804, un certain Napoléon Bonaparte voyait lui aussi la presse comme le bouc émissaire de ses difficultés et demandait à Fouché de « réprimer un peu les journaux, d’y faire mettre de bons articles, de faire comprendre aux rédacteurs que le temps n’est pas éloigné où, m’apercevant qu’ils ne me sont pas utiles, je les supprimerai avec tous les autres et je n’en conserverai qu’un seul  ; … que le temps de la Révolution est fini et qu’il n’y a plus en France qu’un parti  ; … que je ne souffrirai jamais que les journaux disent ni fassent rien contre mes intérêts ».

Ouf ! Macron n’est pas Napoléon et Castaner encore moins Fouché !

La problématique des rapports de Napoléon avec la presse, via Fouché, est spécialement analysée dans trois articles du  » Dictionnaire Fouché  » :  » Lettre de Luxembourg « ,  » Lettre de Stupinigi  » et  » Lettre de Valladovid  » (auteur : Christian Porte).

Christian Porte

 

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