Fouché en BD ! Remarquable !

Je viens de lire les deux premiers tomes de la BD « Fouché », par Nicolas Junckers (scénario) et Patrick Mallet (dessins), aux éditions Les Arènes BD (Paris). J’en suis époustouflé !

Le ton est tout de suite donné par un court commentaire de Emmanuel de Waresquiel  (excusez du peu…) en quatrième de couverture : « Fouché le petit professeur de l’Oratoire, le conventionnel, le tueur de roi, le proconsul de Nantes, de Nevers et de Moulins, le mitrailleur de Lyon, le tombeur de Robespierre et le cauchemar de Napoléon, le ministre de tous les régimes, l’inventeur de la police moderne, le bâtisseur d’État, l’aventurier, le conspirateur et le parvenu. Pour beaucoup, Fouché était tout cela. Il était plus encore. »

Le scénario est plein d’émotion, axé sur l’étude psychologique de ce personnage absolument extraordinaire, et est assorti de nombreux flash-back qui en rendent l’intrigue absolument romanesque. Les dessins, jouant sur l’alternance des plans de près et des scènes d’ensemble style grand angle, avec une mise en scène je dirais « à la Sergio Léone« , en font presque une « story board » prête pour l’écran (avec Lucchini dans le rôle de Fouché, bien évidemment ; et Clavier dans celui de Napoléon !).

Rien de scolaire et encore moins de pédant dans cette BD faite pour qu’on se passionne pour l’intrigue et les personnages. L’ensemble est pourtant historiquement rigoureux et, en contextualisant avec objectivité cette époque, il parvient à rendre compte de son extraordinaire complexité, de ses contradictions et de ses richesses, qu’aujourd’hui encore (et surtout !) on ne parvient pas à « réduire » à une approche simplificatrice et moralisante. Fouché a été véritablement l’incarnation de cette époque tourmentée.

Je vous invite, en parallèle, à écouter l’interview podcastée de Jean-Denis Bredin, de l’Académie Française (excusez du peu), au sujet du Duc d’Otrante (« Joseph Fouché : une girouette http://www.canalacademie.com/ida 3086 »). Vous y retrouverez tous les poncifs qui depuis depuis deux siècles on colle à ce « monstre« . Évoquant le personnage, M. Bredin attaque l’interview ainsi : « Mieux le comprendre [Fouché] ou mieux s’en méfier ? » ; et poursuit en le décrivant comme « un monument de l’intrigue« , « une girouette« , « sa vie privée ne l’intéressait pas » etc.

Finalement, ceux qui ont compris le mieux Fouché (sans pour autant tomber en admiration !) ont été, de tous temps, les artistes : Balzac le met en scène dans « Une ténébreuse affaire« , et Stefan Zweig, avec sa célèbre biographie, déplore la légende noire qui s’attache à celui qu’il décrit comme un des hommes « les plus remarquables de tous les temps« .

C’était donc normal que Fouché retrouve, avec cette rmagnifique BD, l’épaisseur d’un personnage historique de premier plan, aussi exceptionnel que tragique.

Julien Sapori

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