Marcher ou mourir – La conferenza di Julien Sapori

Dans le cadre des diverses initiatives relatives au projet « Pistoia – capitale de la culture italienne en 2017 », Julien Sapori a été invité par cette commune de Toscane afin de donner une conférence de présentation de son futur livre, « Marcher ou mourir – les troupes italiennes en Russie 1914/1943 ».

Retrouvez, en cliquant sur le lien ci-dessous, un compte-rendu détaillé (en italien) de cette réunion ainsi que quelques photos :

http://www.unirr.it/notizie/715-marcher-ou-mourir-la-conferenza-di-julien-sapori

Les mémoires inédites de Pierre-Michel Lorion

Julien Sapori vient de publier dans Mémoire du soissonnais n° 6, revue de la Société Historique de Soissons, un article intitulé « Mémoires d’un soldat de la République et de l’Empire« . Il y présente les mémoires inédites de Pierre-Michel Lorion, un berger picard né le 29 septembre 1774 à Mont-Notre-Dame (Aisne). Dans son manuscrit, Lorion relate ses vingt-deux ans de service militaire, accompli entre 1793 et 1815 dans les rangs du 4° régiment d’infanterie légère et, vers la fin, dans une unité non identifiée de la garde. Lorion participe aux campagnes de Belgique, des Pays Bas, d’Allemagne, d’Italie, d’Égypte. Blessé à plusieurs reprises, il est fait prisonnier par les Russes en 1813 après la bataille de Lutzen ; il s’évade, rejoint à pieds, déguisé en soldat russe, Vienne puis l’Italie du nord où il retrouve l’armée française. Rentré au pays, Lorion y rédige ses mémoires dont le texte d’origine est toujours conservé à la Société Historique de Soissons – certains parties ayant été malheureusement dévorées par les souris.

Julien Sapori a retranscrit le texte d’origine, l’accompagnant d’une introduction et de notes en bas de page qui en permettent la compréhension. Voici un extrait de son introduction :  » Concernant le contenu, il faut le dire d’emblée, les lecteurs risquent d’être déçus. N’est point  »sergent Bourgogne » ou « sergent dans la neige qui veut » ! Lorion n’ignore pas seulement les règles de la grammaire, mais surtout manque de la curiosité, du recul et de la sensibilité qui lui auraient permis d’observer, d’analyser et rendre compte de manière captivante et objective des évènements extraordinaires auxquels il avait assisté. Les pages d’une grande banalité se succèdent, le lecteur devant subir d’ennuyeuses descriptions d’églises, palais et autres lieux  »pittoresques », le tout farci de détails sans intérêt et d’explications relevant le plus souvent de l’anecdote et très rarement de l’Histoire. Lorsqu’il revient au récit à caractère militaire, on ne comprend pas toujours s’il se réfère à son vécu personnel ou s’il se borne à rappeler le contexte général.

Erreurs, approximations et invraisemblances se succèdent : elles peuvent certes être attribuées à des oublis, mais parfois on se demande si le narrateur n’est pas un affabulateur, notamment lorsqu’il décrit avec force détails son entrée et ses visites à Jérusalem, ville dans laquelle l’armée de Bonaparte n’a jamais mis les pieds… A sa décharge, il faut préciser que Lorion n’écrivait pas pour les autres, mais pour lui-même et son entourage immédiat : manifestement, son seul but était de se remémorer les voyages et visites extraordinaires qu’il avait effectué, et dont il voulait conserver le souvenir. On l’imagine, des années plus tard, relire ses notes et la rare documentation dont il pouvait disposer, se replongeant dans les souvenirs de ses voyages merveilleux qu’il avait accompli autrefois ; et peut-être (qui sait…) finissant par tout mélanger, souvenirs, documentation et récits faits lors des veillées devant un public aussi ignorant qu’émerveillé. Comme Don Quichotte, sans doute, « il crut si fort à ce tissu d’inventions et d’extravagances que, pour lui, il n’y avait pas d’histoire plus véridique au monde« . (…) Il n’empêche que nous avons la chance, en parcourant les souvenirs de M. Lorion, et en dépit de toutes ses insuffisances, d’accéder à une source primaire vieille de deux siècles et plus, jusqu’ici inédite.

 »Nous sommes tous des nains sur des épaules de géants » : toute connaissance historique, aussi minime soit-elle, nous permet d’améliorer la connaissance de cette période essentielle pour l’histoire de la France et du monde.

 

Clin d’œil à la Prévert !

Jacques Prévert publie en 1946 son célèbre recueil « Paroles ». Il souhaite avec ce dernier (Paroles = anagramme de « la prose ») s’affranchir de toutes les règles traditionnelles pour créer une poésie proche de la langue orale et marquée par le goût de l’anaphore et de l’énumération. Il propose avec « Inventaire » une sorte de poème liste caractéristique de la mouvance surréaliste. On y retrouve des éléments sans lien apparent, de telle sorte que cela confère à l’ensemble une dimension confuse.

Sans vouloir se prendre pour… mais à la manière de …, voici un petit bilan non exhaustif de l’origine de ceux qui se sont connectés à notre blog depuis le début de l’année…

Largement et logiquement en tête la France (1 661 connexions). Sur le podium viennent ensuite les États-Unis (69 connexions), le Canada (64 connexions) qui devance d’une tête la Suède (61 connexions). Viennent ensuite la Belgique (53 connexions) et l’Italie (51 connexions). Quelque peu distancées arrivent l’Espagne (29), la Suisse (26), la Russie (21), la République tchèque (21) et l’Allemagne (20). Le Royaume-Uni (14) et le Cameroun (10) commencent à perdre pieds avec ceux qui les précèdent, devançant de très peu la Roumanie, la Thaïlande et l’Indonésie (8 connexions chacune), les Pays-Bas (7), Monaco et le Japon (6 connexions chacun), le Portugal, la Slovaquie et la Polynésie française (5), puis le Luxembourg (4), le Danemark, l’Autriche, la R.A.S. chinoise de Hong Kong et la Grèce (3 connexions chacun), Israël, Hongrie, Nouvelle-Zélande, Turquie et Mexique (2 connexions chacun). Enfin, ceux qui ne comptent qu’une connexion (voulue ou par erreur ?) : Lettonie, Norvège, Finlande, Équateur, Algérie, Irlande et Philippines !

« Marcher ou mourir : les troupes italiennes en Russie 1914/1943 »

Dans le cadre des diverses initiatives relatives au projet « Pistoia – capitale de la culture italienne en 2017 », Julien Sapori a été invité par cette commune de Toscane afin de donner une conférence de présentation de son futur livre, « Marcher ou mourir – les troupes italiennes en Russie 1914/1943 ».

La conférence a eu lieu lundi 9 octobre 2017 dans le cadre prestigieux de la Sala Maggiore de l’Hôtel de ville de Pistoia, en présence d’une centaine de personnes. Julien Sapori a insisté sur l’approche historiographique, expliquant pour quelles raisons cet événement majeur de l’histoire contemporaine italienne est quasiment ignoré à l’étranger.

Cette problématique reste délicate à aborder en Italie, compte tenu du poids émotionnel que représente, aujourd’hui encore, cette gigantesque tragédie militaire : sur les 230 000 soldats italiens présents sur le front de l’Est, 85 000 ne sont pas revenus, parmi lesquels des milliers des disparus que les familles ont attendu, en vain, durant des décennies.