La presse en parle…

La Voix du Nord, quotidien régional du Nord de la France a récemment consacré un article évoquant la passion pour l’histoire de notre président, Julien Sapori.

Retrouvez cet article ci-dessous :

JS Article

«L’histoire vraie des tueurs fous du Brabant»

Préface de Julien Sapori,

Président de la Société d’études sur Fouché et son temps

Commissaire divisionnaire de la police nationale

l-histoire-vraie-des-tueurs-du-brabant-eCommissaire central de Maubeuge, j’étais peut-être prédestiné à écrire la préface de cet ouvrage. Car les effroyables boucheries imputées à la bande des tueurs du Brabant débutèrent dans la ville du «clair de Lune», le nuit du 13 au 14 août 1982. Si cette nuit-là, l’équipage de gardiens de la paix intervenant sur un banal cambriolage au préjudice de l’épicerie Piot, située place des Nations, avait pu neutraliser l’équipe de malfaiteurs, jamais on n’aurait parlé des «tueurs du Brabant», et 28 meurtres auraient été évités. Mais le sort en a décidé autrement et, depuis trente ans, la justice et les polices belges s’acharnent à élucider le mystère de cette bande, d’en identifier les auteurs et d’en comprendre les mobiles. Sans beaucoup de succès à ce jour, en dépit du travail acharné d’une cellule d’enquête qui depuis vingt ans se consacre à ces investigations, et de deux commissions d’enquête parlementaire.

Pourtant, toutes les pistes paraissent avoir été explorées : les malfaiteurs frustes du Borinage, des tueurs psychopathes, la tentative de racket, l’extrême droite, le milieu français, les chrétiens maronites libanais, les services secrets bulgares, la STASI, l’Opus Dei, le réseau «Gladio», des conspirateurs en provenance de la gendarmerie ou des para-commandos belges, etc… : la liste n’est pas exhaustive.

Pistes explorées ou simplement survolées ? Car, à la lecture du dossier, on ressent une consternante impression d’inefficacité. L’enquête sur la plus grande affaire criminelle de l’histoire de la Belgique est une succession de scellés qui disparaissent, de témoins non entendus, de documents d’enquête oubliés, d’expertises judiciaires bâclées par des spécialistes incompétents, de prisonniers s’évadant en masse à l’occasion d’une grève de surveillants de prison, d’armes de policiers qui s’enrayent, de moyens radio défaillants et de gendarmes se lançant dans des courses poursuites à bord de 4 L poussives. Le tout s’inscrivant sur une toile de fond de guerre des polices, de multiplicité de juges d’instructions ne s’entendant pas, de politisation à outrance des forces de l’ordre et de bourgmestres peu soucieux d’augmenter les budgets de leurs polices municipales. Les auteurs parlent, à juste titre il me semble, d’«un véritable Hiroshima judiciaire dont [la Belgique] ne se remettra jamais totalement». Il fallait un belge pour oser écrire cela…

Il est vrai que la légitimité d’un État se mesure à sa capacité d’assumer avec efficacité ses missions régaliennes. Or, depuis une trentaine d’années, l’histoire judiciaire de la Belgique est une succession d’échecs. De l’affaire des tueurs du Brabant à celle des attentats attribués aux Cellules Communistes Combattantes et jusqu’à la tragédie finale de Dutroux, l’incapacité des forces de l’ordre et de la justice du «plat pays» à remplir convenablement leur mission est absolument consternante. Les tueurs du Brabant n’ont pas assassiné seulement 28 victimes innocentes, mais ont aussi participé à la curée de l’État belge. Oui, parfois la frontière entre «la police des filles, des voleurs et des réverbères» et la «haute police» que l’incontournable Joseph Fouché, ministre de Napoléon, prétendait si étanche, se brouille, et le fait divers devient alors un élément fondamental dans le destin d’une nation.

Les Français auraient tort de croire que cette déliquescence étatique n’est réservée qu’à nos voisins et amis belges : depuis quelques décennies, la problématique sécuritaire est au cœur des débats et constitue un des éléments constitutifs du malaise qui traverse la société française. L’opinion publique peut comprendre que, dans une économie mondialisée, l’État ne soit pas en mesure d’assurer le plein emploi, mais elle n’acceptera jamais que l’État n’assure pas la sécurité des personnes et des biens. Cette exigence est souvent ignorée, et pourtant elle est vitale dans un pays démocratique car, quand l’ordre ne règne plus, ce sont les gens les plus humbles qu’on assassine. Quelles étaient les cibles des «tueurs du Brabant» ? Des familles faisant leurs courses le week-end dans les supermarchés, des veilleurs de nuit, des chauffeurs de taxi ou des commerçants. Quand ce petit peuple se sent menacé et acquiert la conviction, à tort ou à raison, que l’État n’est plus en mesure de le défendre, il se tourne vers d’autres protecteurs : en Sicile ils peuvent prendre le nom de «Mafia», à Naples de «Camorra», tandis que dans d’autres pays les déçus opteront pour le repli ethnique ou bien appelleront de tous leurs vœux l’instauration d’un régime autoritaire. Sans en arriver à de tels extrêmes, dans tous les cas, c’est le principe même du contrat social qui s’effondre.

Le livre de Patricia Finné et de Michel Leurquin arrive à point nommé. Certes, ceux qui y chercheront la réponse de l’énigme seront déçus, car il ne dévoile pas les mobiles et les identités des «tueurs du Brabant» ; mais, dans cette affaire, nous nous trouvons désormais quelque part entre ciel et terre, hésitant entre l’enquête judiciaire et la recherche historique. La première tire ses dernières salves, puisque, conformément aux dispositions du code de procédure pénal belge, les faits seront définitivement prescrits le 10 novembre 2015. Restera alors, pour les familles et les proches des victimes, l’Histoire, «la vengeance des peuples», telle que la définissait Chateaubriand.

L’Histoire réussira-t-elle là où la justice a échoué ? Nul le sait ; en tout cas, cet ouvrage apporte sa pierre à l’édifice de Clio, proposant un état des lieux fouillé et objectif qu’il fallait établir à ce moment charnière. Qu’il soit bilan ou témoignage, une chose est certaine : nous savons désormais que nos sociétés sont mortelles, et qu’elles peuvent mourir par le crime.

»L’histoire vraie des tueurs fous du Brabant»

de Michel Leurquin et Patricia Finné

Préface de Julien Sapori

Postface de Patricia Finné

La Manufacture de livres

320 pages – ISBN 978-2-35887-045-0

«Histoire de la Prusse et le réveil du Printemps 1813»

41Dans le cadre des événements organisés par la Délégation Ile-de-France du Souvenir Napoléonien, samedi 16 février, à 11 h, à la mairie de Gretz-Armainvilliers (Seine-et-Marne), Michel Kérautret, historien, membre de la Société d’études Fouché et son temps, animera une conférence sur le thème «Histoire de la Prusse et le réveil du printemps 1813».

La Prusse offre un exemple rare dans l’histoire : celui d’un État puissant qui choisit de disparaître pour se fondre dans une entité plus vaste. Instrument de l’unité allemande, la Prusse lègue à la construction bismarckienne un héritage, pour le meilleur ou pour le pire. Et il serait difficile de comprendre l’Allemagne contemporaine en faisant abstraction de cet apport prussien, militaire certes, mais aussi religieux, culturel, moral, juridique. Le présent ouvrage raconte l’histoire de la Prusse dans sa continuité et ses aléas, de ses origines médiévales à son absorption dans l’ensemble allemand, voire à sa survie posthume jusqu’à nos jours.

Salle des mariages
Mairie
69 rue de Paris
Gretz-Armainvilliers